Se tenir debout et se faire respecter

Pourquoi dire non au gaz de schiste ?

Lettres des lecteurs dans L’Œil Régional – 13 novembre 2010

1- Parce que le Québec n’a pas besoin de ce gaz pour répondre à nos besoins énergétique à moyen terme. 2- Parce que cela va nuire à la vente de nos énormes surplus d’électricité. 3- Parce que la technique d’extraction actuelle fait disparaître à tout jamais de 5 à 7 millions de litres d’eau douce à chaque forage dans du roc de schiste. L’eau douce se fait rare au niveau mondial, pourquoi la gaspiller par pur égoïsme et cupidité. 4- Parce que l’industrie place le profit avant l’environnement et que nos gouvernements n’ont pas les moyens financiers ni les ressources suffisantes pour faire appliquer la réglementation. Ces quatre constatations suffisent amplement pour dire non au gaz de schiste maintenant.

Il faudrait aussi arrêter d’infantiliser les Québécois comme de vulnérables insécures en martelant qu’ils sont inquiets. Ils ne sont pas seulement inquiets, ils sont insultés et en colère qu’on ait manigancé dans leur dos pour s’approprier une ressource qui leur appartient et dont leurs enfants pourraient avoir besoin dans l’avenir. Il est temps que nous, baby-boomers, cessions d’épuiser inutilement et égoïstement la planète.

À la suite de la ruée sauvage sur le gaz de schiste, les Québécois craignent la contamination de la nappe phréatique et la pollution des eaux résiduelles de forage contaminées par des produits chimiques de forage. Bien qu’importants, ces risques et leur contrôle ne devraient être discutés qu’après que la population ait statué sur sa vision énergétique et l’acceptabilité de la technique d’extraction du gaz de schiste. Il en découle la nécessité d’un moratoire immédiat sur toute nouvelle exploration et exploitation des puits existants. Sans moratoire, tout mandat au BAPE est bidon, comme le mandat biaisé qui s’est amorcé à Saint-Hyacinthe et qui n’a pas répondu à plusieurs questions des participants. Ceux qui ont accepté de participer aux audiences publiques du BAPE à Saint-Hyacinthe cautionnent la fronde hypocrite du gouvernement et de l’industrie et ils nous font prisonniers du débat truqué visant à faire diversion des vrais enjeux, soit des orientations énergétiques du Québec, la destruction de millions de litres d’eau douce, l’impact négatif sur nos exportations d’électricité et la vétuste loi des mines.

Se tenir debout et se faire respecter:

1- Les Québécois doivent exiger l’annulation du mandat actuel du BAPE;

2- Exiger un moratoire complet et indéfini sur toute exploration et exploitation de puits de gaz de schiste;

3- Exiger un amendement immédiat de la loi des mines pour retirer le droit des minières, pétrolières et gazières d’empiéter sur la propriété privé d’un citoyen;

4- Exiger un débat national indépendant, pour permettre à la population de choisir sa vision énergétique pour la prochaine décennie.

Arrêtons d’avoir peur et de se comporter en «loosers» pathétiques. Quand ils auront assez faim d’énergie, les acheteurs reviendront à nos conditions et à notre prix.

Albert Bertrand

Mont-Saint-Hilaire

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