Texte proclamé devant le monument des Patriotes à Mont-Saint-Hilaire, le 22 mai 2011
Ce que nous admirons aujourd’hui des patriotes de 1837.
Ce que nous disons de leur refus à se soumettre aux envahisseurs
Nous savons que ces combats se reproduisent aujourd’hui sur la route 137
Pas loin d’ici, mais sur ce même territoire
Car on fore des puits de gaz de schiste qui colorent leur eau en noir
Et ce, au dépend de ces gens qui veulent vivre ici leur bonheur
Comme le déclaraient, jadis ces patriotes qui ont défendu si bravement leur honneur.
Plus que quiconque, nous savons que des paroles sans engagement ne mènent qu’au néant
Plus que quiconque. nous savons que des exclamations sans action ancrée dans le présent ne mène qu’à peu -de motivation et d’engagement.
Oui, la parole peut être porteuse d’espoir
À la condition qu’on la traduise en acte de petites ou de grandes victoires
Pour ce, il faut sortir du confort de nos maisons
Pour se joindre à l’appel répété de la nécessaire mobilisation
Pouvons-nous imaginer que feraient les patriotes qui ont été les consciences de l’aurore à la nuit ?
Que feraient-ils, devant cette nouvelle invasion barbare pour défendre leur terre, leur eau, leur air et leur vie ?
Devant ce noble monument à leur gloire, ne faudrait-ils pas faire revivre certaines des 92 résolutions ?
Puisqu’encore une fois, les autorités politiques et les exploitants économiques nous croient encore des adeptes historiques de la résignation voire de l’ignominie soumission.
Ici, nous commémorons notre immense fierté envers le drapeau des patriotes et de la fleur de lys.
Nous qui incitons les gens à s’engager vers une nouvelle époque
Nous qui espérons ce projet d’indépendance et de complète liberté
Irons-nous protester aujourd’hui comme demain dans tous nos territoires qui subissent
Le viol éhonté des plus belles terres de notre pays
Oui, il faut prendre la parole, certes
Mais, il faut surtout la traduire en geste
Pour sauvegarder notre honneur et notre fierté
Puisque nous sommes encore un peuple obstiné avec une tête pleine de liberté
Nous devons exprimer notre indignation
Nous devons écrire notre refus de soumission
Nous devons protester contre toute résignation
Nous devons manifester pour le passant qui nous paraît indifférent mais aussi pour celui ou celle qui lutte pacifiquement.
Car cette lutte c’est pour nous, pour nos enfants, nos petits-enfants, pour nos amis, pour nos voisins et pour une autre humanité.
Nous savons que le temps qui coule est sans lendemain
Nous savons que ce temps urgent, nous incite à devenir des militants et des militantes de terrain.
Car cette lutte, demeure l’essentielle pulsion de vie qui nous invite à regarder devant soi, à lever la tête pour ne plus jamais l’abaisser devant l’adversité.
Si demain, on vous appelle, dites oui, j’y serai.
Pierre Brazeau 7 avril 2011.
