Bonjour Dominic,
Je me suis levée hier matin
Avec un peu moins d’entrain.
Je me demandais, avec circonspection
Comment répondre à la nomination
De cet homme bizarre, Lucien Bouchard,
L’individu aux milles regards.
Devant mon journal,
Mon nouvel arsenal.
Sur ta réponse, je suis tombée.
Respectueuse, nuancée,
Si bien articulée.
Impressionnée, je me suis demandée,
Comment tu trouves le temps,
De suivre la situation,
Avec autant de précision,
De détermination et de passion.
Je me suis sentie privilégiée
D’être aussi bien représentée,
Par un homme charmant, intelligent
Qui donne son temps.
Je me décris souvent comme
Une militante sans antécédent,
Par accident.
Le destin m’a aussi déposée
En idées, à tes côtés.
Je me sens soulagée,
De ne pas avoir à me présenter,
Devant les médias et ses aléas.
Je fais partie des gens ordinaires.
Ceux qui vaquent à leurs affaires.
Je ne sais pas vraiment comment
Affronter les caméras, sans embarras.
Je n’ai pas l’argent des gazières,
Ni le pouvoir de nos élus.
Et je n’ai pas ta verve quand je m’énerve.
Seulement des convictions, des valeurs
Profondes. Elles ronronnent tout le temps.
Elles dessinent mon présent et
Mon futur, plein de verdure.
Des investisseurs sans envergure,
Siègent sur l’industrie des hydrocarbures.
Le gouvernement veille sur ses avoirs
et ses pouvoirs.
C’est à moi, de voir à mes affaires.
De faire tourner la terre à ma manière.
Je fais ce que je peux dans ma cour.
Mais je me retrouve dans ton discours,
Dans ta manière, sans détour.
Je ne sais pas si tu prends la mesure de tes
Interventions pour moi et mon quotidien,
Plein de son train train.
Juste au cas où, je t’écris ce petit mot.
Merci aussi aux artistes de la vidéo !
Vous sonnez comme un joli écho.
Une citoyenne préoccupée, bien informée
Une militante, sans antécédent, par accident
Dans la Vallée du Saint-Laurent.
Josée Gagnon

Je remarque que jamais vous ne condamnez l’envahissement des mégaparcs éoliens en milieux habités. Comme si l’éolienne était une vache sacrée, une icône qui ne peut être remise en question, que ce soit dans sa façon d’être imposée aux citoyens (Chaudière Appalaches) sans consultation des résidents, ou dans son élaboration en catimini avec les promoteurs, les conseils municipaux et et les propriétaires fonciers (et la bénédiction de Laurent Lessard, député-ministre des Chambres de commerce…).
Que ce soit aussi dans sa rentabilité ou l’ensemble des citoyens du Québec doivent compenser la perte d’environ 6 cents le KWH entre le prix de vente et le coût de production.
Que ce soit par le déchirement social qu’il provoque en vendant l’âme du région et en dressant la moitié d’une population contre l’autre, étouffant ainsi toute harmonie sociale et tout dynamisme d’interaction sociale.
Que ce soit par ses effets néfastes sur la santé (signalés même par l’émission « les Docteurs » (9-2011)).
Que ce soit par la perte de valeur immobilière imposée aux citoyens dans un environnement bucolique et montagneux, mais éventuellement barbelé d’une soixantaine de turbines de 450 pieds (pour chacun des projets).
Que ce soit par ses effets néfastes sur la bio-diversité (oiseaux, chiroptères, espèces fragiles).
Que ce soit par l’écrasement de tout démarche citoyenne (près de 100,000$ perdus en frais juridiques) par un gouvernement qui, par décret, empêche les opposants de se rendre au coeur du litige d’une requête en nullité de réglementations municipales contestées.
Écrasée par le poids médiatique de l’opposition au gaz de schiste (légitime par ailleurs), notre histoire sombrera dans l’anonymat, malgré nos cris dans la nuit, à 80 km de la Vieille Capitale, dans une région aussi belle que Charlevoix et riche en histoire, mais si peu connue, désormais peu susceptible de l’être, et maintenant condamnée à survivre socialement comme mégaparc industriel.
Aucun des artistes paraissant sur la vidéo, n’a-t-il fait allusion à ce dossier ou suggéré son existence.
Pas la moindre indignation, pas même une vieille chemise à déchirer. Désolé: on affiche complet.
Nous mourrons sans vous et, le 22 avril, vous souhaitons Bonne Chance, même si nous ne faisons pas partie de « la famille », la nôtre décimée, un certain jour de novembre, par un décret gouvernemental et l’omerta médiatique.
–
Jean Bédard
Kinnear’s Mills, Qc
L’eolienne n’est pas une vache sacrée, mais une vache dans le mauvais clos. Nous avons des espaces nordiques à deux pas des centrales électriques pour cueillir cette énergie et la renvoyer dans le sud. À moins que les autochtones ne soient pas d’accord…