Oui, le temps passe.
Sans cesse, il passe.
Tout change, tout bouge, tout le temps.
Imperceptiblement, tout se transforme.
Même le même échappe à l’identique.
Illusoire stabilité, réalité de l’impermanence.
Impertinence du présent.
(JacquesJPerron)
Cet espace mélangera photos et poèmes au gré des intuitions, des événements, des déceptions et des espoirs. Pour bien photographier le paysage, il faut parfois radiographier les battements du cœur et fouiller la mémoire. Le paysage a souvent plusieurs facettes, même dans l’impertinence du présent.
Vous dites une échelle à tous les arbres
Voir venir les perceurs de schiste
Loin dans la campagne
Ameuter les castors
Dériver les rivières derrière les montagnes
Vite trois mètres de glace
Et le regard froid
La bouche cousue
Le champ clos
Cette année pas de solde de fin de mois
Notre terre n’est plus à vendre
©Georges Beaulieu, 26-8-2010
La terre retient son soufle
Tu marches dans le sentier
Le soleil plonge rouge
Un éclat se loge dans l’oeil
Ton souffle revient
Avec la branche
Qui a dressé l’oreille
Tout est calme
Apparemment
La terre retient son souffle
Moteur !
Action !
©Georges Beaulieu, 28-8-2010

Voici mon poème
COMME UN ARBRE
j’ai besoin de lumière…
si je suis fermement attachée à mon sol
toujours mariée à la terre
je grandis néanmoins vers le ciel
et je croîs… je mûris en noblesse et en beauté.
Par certains jours noirs et sombres de l’hiver
ou certaines heures d’automne noyées de pluie
je travaille à l’intérieur et j’attends…
Nulle protection ni secours
incertitude maillée d’espérance
je ne commande pas à la nature
je collabore avec elle.
Comme un arbre
j’ai mes saisons
mes forces, mes failles.
Continuer…
comme un arbre
ce n’est peut-être pas
maudire les intempéries
mais les accueillir
dormir une courte nuit
pour recommencer le lendemain
apprendre à mourir
pour renaître
continuer…
comme un arbre
c’est peut-être me lever chaque jour
avant le jour
prête à affronter les coups du sort
prête à faire alliance avec ma vie.
Je connais misère et grandeur…
le passage de la nuit au jour
la fraîcheur des rivières à mes pieds
et le fruit du labeur de mes bras.
Que sais-je encore?
J’ai appris à m’incliner
à me redresser
à écouter la beauté dans le murmure du vent…
parfois ma parure
cache mon écorce fragile
parfois encore je me dépouille
pour mieux me révéler.
J’ai le juste orgueil
de donner l’ombre au passant
comme j’ai la fierté
de mes racines profondes.
Les marques de mon passé
trahissent mon âge, mes peurs et mes pensées
voyez mes noeuds d’anxiété
mes blessures, branches cassées.
Pourtant je m’élève malgré tout
je parfume l’air à ma façon…
le temps me couronne de fleurs
à l’occasion.
En vieillissant
je me souviens avec émotion
de l’oisillon que j’ai bercé
et du refuge que j’ai offert
aux jeunes de mon quartier.
Mes prières deviennent contemplation
j’apprécie
l’horizon du lendemain… je chante l’oraison.
Si l’arbre est fort
il craint toujours le feu et le bûcheron
de même
je frémis devant le mal, la guerre
et plus que tout…
devant l’indifférence, l’insouciance.
Je porte toujours en moi l’arbre de la croix!
Certains arbres
deviennent bois de chauffage
paniers de bois
feuilles de papier
bois d’ébénisterie
copeaux, gîtes, balai neuf ou lambris.
Je parie que la Vie fera de moi
une petite feuille de papier fleuri…
j’espère qu’on y écrira
un vers ou deux de poésie…
Lysette Brochu
votre poeme est magnifique…j’aimerai bien lire d’autres de vos ecritures..je suis libanaise….j’ai un debat a organiser aujourdhui (scout) et c’est a propos de ce poeme j’ai fait un slideshow que j’aimerai bien vous l’envoyer…le debat est devant une cinquantaine de personne qui retourneront ce soir avec votre poeme a la main…
je voulais juste vous dire merci beaucoup…vraimment
Merci à vous Joanna. Je suis contente que vous avez aimé mon texte « Comme un arbre ». Si vous voulez m’envoyer un petit mot, voici mon adresse électronique : info@lysettebrochu.com
Bon succès avec les scouts.
Lysette Brochu
Bonjour,
Vos poésies me ressourcent…Merci pour tous ces mots ciselés; et félicitations particulières à Georges Beaulieu qui traduit les peines de la nature…
Je suis une auteure poète, et vous écris du sud de la France, où nos belles collines sèches et ensoleillées sont sur la liste des lieux riches en gaz de schiste…Mais la mobilisation s’organise, face au cynisme des dirigeants. Les Collectifs ardéchois, drômois, et autres se sont mis en place. Nous sommes les maillons d’une grande chaîne citoyenne, pour préserver ce qui peut encore l’être, sur notre belle planète.
J’aimerais savoir comment vous envoyer directement mon « Cynic slam de schiste », en pdf.
Merci de me répondre, par delà l’océan.
Avec mes sentiments poétiques et solidaires.
Elyane R.
Merci Elyane R. pour votre aimable commentaire et pour votre engagement dans la cause qui nous rassemble par dessus la grande mare…
Vous pouvez copier/coller votre texte en PDF et le placer dans l’espace commentaire que j’utilise présentement pour vous écrire.
L’autre voie : joindre votre fichier pdf à un courriel adressé à georges.beaulieu@videotron.ca
Je m’arrangerai pour placer votre texte au bon endroit.
Au plaisir
GB