La nouvelle technologie d’extraction de gaz de schiste comporte beaucoup de produits chimiques toxiques. Ces produits sont présents dans les boues de forage ainsi que dans le fluide utilisé pour libérer les gaz. Ils contaminent les éléments essentiels au maintien de la vie: l’eau, l’air et le sol.
On injecte des produits chimiques qui reviennent amalgamés à d’autres plus dangereux
Environ la moitié du fluide revient en surface, rapportant non seulement ses contaminants d’origine, mais aussi d’autres substances toxiques qui sont naturellement présentes dans le gisement gazier. Il peut s’agir de matières radioactives, de métaux lourds et de 4- nitroquinoléine-l oxyde, un agent mutagène cancérigène et une toxine dangereuse pour la reproduction et le développement.
Que fait-on de l’eau polluée et des boues de forage ?
L’eau contaminée et les boues de forage sont soit stockées temporairement dans des bassins à l’air libre, soit réinjectées dans le sol ou transportées vers des sites d’évaporation. Aux Etats-Unis, une partie de ces résidus dangereux ont été étalés sur des champs classé «land farms».
Des solvants reviennent comme des gaz toxiques et dommageables pour la santé
Les émulsifiants et les solvants utilisés dans les fluides de fracture hydraulique peuvent libérer des hydrocarbures cancérigènes qui se trouvent naturellement dans les couches profondes de schiste.
Près de 40% des produits chimiques sont volatils et peuvent se répandre par la voie des airs. Près de 90% de ces produits peuvent endommager les yeux, la peau, des organes sensoriels, les voies respiratoires et le foie. Un peu plus de 80% peuvent causer des dommages au cerveau ou au système nerveux. À chaque étape de la production et de la livraison du gaz, des tonnes de composés organiques volatils toxiques (dont le benzène, le toluène, l’éthylbenzène, le xylène, etc) et de méthane fuient dans l’air ambiant.
Les équipements de forage au diesel produisent de l’ozone troposphérique qui donne le smog
Ces substances se combinent aux oxydes d’azote des gaz d’échappement provenant du fonctionnement continu des équipements de forage au diesel pour produire l’ozone troposphérique. L’ozone peut causer des dommages irréversibles aux poumons et est préjudiciable aux arbres et aux cultures. Il se combine également avec la poussière soulevée par les camions. Ce phénomène est à l’origine d’épisodes de smog aigu dans les zones urbaines et peut s’étendre jusqu’à 200 milles du site de forage. Qu’en sera-t-il de
« l’air frais de la campagne»?
La nocivité de ces produits peut apparaître longtemps après le départ des gazières
Certains des produits chimiques à vie plus longue, comme le 2-butoxyéthanol (2BE) présent dans les fluides de fracturation hydraulique laissés dans le sol ou provenant de déversements accidentels, peuvent prendre des années avant d’atteindre les puits, les sources et les rivières, longtemps après que les entreprises de gaz seront parties.
Le 2-BE brise les globules rouges
Il est particulièrement toxique pour la rate, la colonne vertébrale, la moelle osseuse et bien sûr le foie, qui doit faire face à toutes ces toxines. Il a également été classé comme cancérigène possible pour les êtres humains.
Tous les produits énumérés ci-haut, ainsi que le benzènesulfonique, un irritant des yeux, des poumons et de la peau, le formaldéhyde, une substance mutagène, cancérigène et un poison systémique, l’éthylène glycol (antigel) et le méthanol un autre poison puissant, sont sur les listes d’additifs déposées au BAPE. Les effets synergiques imprévisibles de ces substances sont de plus en plus préoccupants pour les organismes de santé fédéraux américains. Les effets additifs ou synergiques ne sont pas connus à l’heure actuelle.
Le discours de l’industrie
L’industrie nous dit que nous ne devrions pas nous inquiéter parce que les produits chimiques sont très dilués. Mais de nombreuses fonctions du corps, notamment le système endocrinien, sont sensibles aux très faibles concentrations de toxines, de l’ordre d’une partie pour un trillion. Des dommages peuvent ne pas être immédiatement évidents, mais peuvent avoir des conséquences irréversibles sur la vie des hommes et de leur descendance.
Texte rédigé par Ingrid Style pour le comité de mobilisation gaz de schiste Mont-Saint-Hilaire
Sources:
Cet article est une synthèse de plusieurs publications facilement disponibles sur le Web. La source principale est l’oeuvre de Theo Colborn, Ph.D à l’Endocrine Disruption Exchange.
Dr Colbom est un expert de The Ecosystem Health Committee of the International Joint Commission of the United States and Canada et de US. Environmental Protection Agency Endocrine Disruption Screening and Testing Advisory Committee entre autres.
Adam Law M.D., FRCP’ endocrinologue: Health Implications of Hydrofracking.
Notes:
En 2010 le Medical Society of the State of New York et The American Pediatries Society ont demandé à l’état de New York un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste.
Au Québec Le Regroupement des Médecins Pour un Environnement Sain, dans son mémoire au BAPE, a demandé également un moratoire pour le Québec. Ils sont appuyés par Jean Zigby, M.D., vice-président des Professionel-le-s de la Santé pour la Survie Mondiale (section Québec de Physicians for Global Survival Canada)
Ainsi que Isabelle Gingras M.D., FRCP et Harold Dion M.D.
De plus, en janvier 2011, dans un long document pour le ministère de la Santé, L’Institut national de la santé publique du Québec a fortement exprimé en conclusion de son rapport qu’il n’y a pas assez d’informations scientifiques sur les effets pour la santé de l’exploration et de l’exploitation du gaz de schiste.
En complément sur la question des produits chimiques :
-Les produits chimiques utilisés dans la fracturation hydraulique : une liste préparée par un groupe australien:
- Les chercheurs au Tyndall Centre à l’université de Manchester, en Angleterre, ont enquêté sur les impacts du gaz de schiste sur l’environnement et les changements climatiques. Finalement, le rapport conclue que dans un monde assoiffé d’énergie, n’importe quelle nouvelle source de combustible fossile ne peut qu’augmenter les émissions de carbone. Dans le cas du gaz de schiste, cela retarderait probablement l’introduction de sources d’énergie alternatives renouvelables. « Par conséquent, si nous sommes sérieux dans nos engagements pour éviter les changements climatiques dangereux, le seul endroit sécuritaire pour le gaz de schiste est dans les profondeurs de la terre. » dit le professeur Kevin Anderson du Tyndall Centre et de l’université de Manchester. Pour une traduction du rapport Tyndall cliquez ici
