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Mercredi 11 janvier 2012, 18h00 à 20h30 Enjeux technico-économiques du gaz de schiste : Nécessité d’une nouvelle politique énergétique pour le Québec
Université du Québec à Montréal Salle DR-200 – Pavillon Athanase-David - 1430, rue Saint-Denis Entrée libre ! Pour information: info@collectif-scientifique-gaz-de-schiste.com Conférencier: Bernard Saulnier, Ing. Chercheur à l’Institut de Recherche d’Hydro-Québec (1977-2006) - Co-auteur avec Réal Reid du livre L’éolien au cœur de l’incontournable révolution énergétique (Multimondes, 2009)
Analystes: Normand Mousseau, Ph.D Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en physique numérique de matériaux complexes, Département de Physique, Université de Montréal. Auteur du livre La révolution des gaz de schiste (MultiMondes, 2010) Réal Reid,
Chercheur à la retraite, IREQ, Ingénieur en combustion, Pratt & Whitney. Représentant du Développement Durable, volet énergie – Plan Nord. Animation : Kim Cornelissen, vice présidente de l’AQLPA Une troisième conférence dans le cadre du Cycle de conférences 2011-2012, du Collectif scientifique sur la question du gaz de schiste au Québec collectif-scientifique-gaz-de-schiste.com en collaboration avec l’Institut des sciences de l’environnement et le Groupe de recherche en éducation relative à l’environnement de l’Université du Québec à Montréal
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Résumé
L’arrivée en trombe de l’industrie continentale des gaz et pétrole de schiste dans la vallée du Saint-Laurent au Québec précipite de nouveau, irrémédiablement, toute la société québécoise dans un nouveau débat, vital, sur la vision commune des enjeux sociaux, environnementaux, économiques et technologiques qu’il convient désormais de privilégier dans une politique énergétique véritablement moderne.
Les indicateurs techniques solidement établis par des équipes internationales de scientifiques travaillant en coopération confirment une aggravation des conséquences des changements climatiques à l’échelle planétaire, et mettent en cause notamment la combustion effrénée des carburants fossiles dont dépend toute l’économie de la planète. À cet égard, la logique administrative suivie par le gouvernement du Québec dans l’ensemble du dossier des hydrocarbures non-conventionnels emprunte des raccourcis inquiétants au plan du cadre logique d’autorisation des opérations d’exploration/exploitation des richesses publiques du sous-sol québécois convoitées par l’industrie des producteurs de gaz et de pétrole de schiste.
Cette conférence examinera tour à tour le contexte des développements énergétiques continentaux à travers la réalité des marchés de l’énergie, en soulignant les dynamiques d’exploitation spécifiques des réseaux de Production, de Transport et de Distribution de gaz et d’électricité. On verra pourquoi un cadre de comparaison technico-économique rigoureux au plan des caractéristiques d’intégration et d’opération des différentes filières énergétiques, et transparent au plan de la participation publique, s’impose désormais dans le processus décisionnel québécois pour garantir les choix d’investissement les plus équitables pour l’ensemble des citoyens du Québec.
À travers des exemples documentés, cette conférence décrira comment des leviers financiers efficaces permettent la prise en compte du coût social (externalisé des prix de l’énergie, ce qui retarde indûment l’entrée de technologies plus compétitives sur les marchés de l’énergie) des nouveaux projets d’approvisionnement en énergie, et stimulent le développement, l’intégration et l’évolution technologique des nouvelles filières ‘vertes’ qui prennent place dans les infrastructures énergétiques de production, de transport et/ou de Distribution existantes. Une comparaison des résultats de quelques programmes de diversification énergétique au Québec, aux USA et en Europe illustrera les performances de différents leviers juridiques et incitatifs financiers mis de l’avant par divers gouvernements à cet égard.
La réalité des impacts environnementaux des grands projets à caractère énergétique est préoccupante. Elle interpelle actuellement tout l’appareil législatif du gouvernement devant des projets d’infrastructure majeurs concédé à divers promoteurs, et qui semblent réduire les 16 critères inscrits dans la Loi sur le Développement Durable du Québec, y compris celui de l’acceptabilité sociale, à une désolante déclaration de convenance.
On mettra en perspective les caractéristiques comparées de quelques gisements énergétiques du Québec en faisant ressortir les incohérences des processus d’encadrement administratif et d’autorisation qui président à leur développement/déploiement.
À travers un dossier des Gaz de schiste travaillé à l’emporte-pièce, les certitudes énergétiques des Québécois se fragilisent. Par ailleurs l’atteinte du ‘pic’ hydraulique annonce la fin de l’ère des approvisionnements hydroélectriques à bas prix au Québec. Les hausses de tarif de l’électricité patrimoniale prévues dans le Budget de mars 2011 signalent la fin de l’époque des investissements prudents par la Société d’État et annoncent l’intention de l’Actionnaire Unique de couvrir par le moyen de décrets les déficits commerciaux appréhendés de projets sous-optimaux, bien mal justifiés devant le public qui paiera la facture.
Par l’immensité de son territoire, l’importance des ressources naturelles qu’il recèle , et la richesse de ses écosystèmes naturels et de sa biodiversité, le Québec moderne se trouve interpellé comme aucune autre société de la planète à réfléchir au leadership qu’il entend démontrer pour prendre sa place parmi les nations résolument engagées à intégrer concrètement la dimension intergénérationnelle dans l’équation économique et assurer l’avenir de son secteur énergie et Ressources Naturelles de façon prudente et responsable au plan social, environnemental, économique et technologique.
La nécessité d’une politique énergétique résolument moderne s’impose pour le Québec…
