… et la parole intempestive de l’autre…
L’appel tout récent de Lucien Bouchard, promu défenseur de l’Association des compagnies gazières et célèbre pourfendeur des Québécois « qui ne travaillent pas assez », a ajouté une pierre à son monument lorsqu’il a proposé, d’abord devant les gens d’affaires de la région de Victoriaville et ensuite au colloque de l’AGPQ, d’associer le gouvernement du Québec au financement des projets gaziers dans la Vallée du St-Laurent. Son machiavélisme l’a même poussé à faire miroiter l’utilisation des revenus au profit de la recherche sur les énergies renouvelables et au maintien des services publics en invoquant une énergie de transition inoffensive !!! Quel beau tour de passe-passe ! C’est encore le bon peuple, celui qui, par les mains de ses gouvernants, a largement subventionné les gazières, qui devra assumer les pertes actuelles et futures de ces compagnies qui prévoyaient amasser un pactole en peu de temps. Or, à cause de la surproduction actuelle, le prix du gaz est trop bas sur le marché pour que les compagnies réalisent des profits suffisants. À la suite du rapport du BAPE, l’Étude environnementale stratégique (EES), que plusieurs citoyens ont confondu à tort avec un moratoire, contribue également à retarder l’exploitation sur notre territoire. Toutefois, il ne s’agit que d’un ralentissement provisoire et stratégique des compagnies et du gouvernement. Qui, mieux que les citoyens, peut servir de débiteur aux pauvres compagnies et à leurs actionnaires dépités ? Qui va subir l’invasion de son territoire, vivre la destruction du paysage et des routes, s’empoisonner de l’air surchargé de méthane et de l’eau imbuvable et perdre ses terres agricoles tout en payant pour subir tout ça ? La réponse se trouve dans l’idée « brillante » de Lucien Bouchard, porte-parole du « progrès » et de la « richesse » pour tous les Québécois dont il dit vouloir le bien. Si les gazières envahissent notre territoire, oui, elles auront notre bien, mais nous n’aurons que des maux à souffrir, des coûts à payer et un avenir bien sombre.
Louise Langevin
Mont-Saint-Hilaire
