Avant de vous dire ce que sera Le souffle court, je vous invite à lire ce poème de Diane Labbé Dubois, Le paysage nomme le pays que nous sommes
Le paysage nomme le pays que nous sommes
La tête de la montagne
se perd de vue dans les nuages
atteignant un ciel tout autre
sur la montagne abrupte
parfois les rêves se cassent
les jambes et le cou
Le paysage nomme le pays que nous sommes
sur la route champêtre
la volupté du vert transforme les arbres
en émouvants luminaires
la route sinueuse court les sous-bois
insinue le doute et traine ses pieds
dans la solitude
Le paysage nomme le pays que nous sommes
le fleuve émancipe
ses largesses, ses hauteurs,
ses gestes d’éclat
la rivière impétueuse
se jette parfois au cou
d’un fleuve lent, lourd et froid
Le paysage nomme le pays que nous sommes
alors cultivons l’air ambiant
arrosons d’eau douce les pluies acides
portons à bout de bras la fleur et le fruit
offrons-leur un ciel clair
semons des paroles d’embouchures
cueillons le verbe à la source
et nos rêves dans l’éveil
car nos paysages intérieurs créent ceux de la terre
et nomment l’univers que nous sommes
©Diane Labbé Dubois
2010
Le souffle court, c’est un site web, c’est également un blogue où vous pouvez intervenir, pour prendre la défense du paysage québécois qui est trop souvent la cible des exploiteurs de ses richesses sans vergogne. Quand ce n’est pas une montagne qu’on grignote pour faire du gravier, une rivière qu’on pollue de déchets industriels ou agricoles, c’est un édifice patrimonial qu’on laisse aller à l’abandon jusqu’à sa démolition inévitable. Puis un jour l’Étranger, les poches pleines de fric, s’amène avec tout un attirail de forage pour siphonner le gaz de schiste en étendant en sous-sol une pieuvre d’acide et d’eau fraîche à l’abri des regards sous trois kilomètres de roc, de terre et d’eau.
Que voulons-nous sauver : l’eau ou le gaz ?
C’est pourtant chez-nous que cela se passe presque à notre insu. On risque de chambouler notre coin de pays, bousculer nos rapports à la terre où nous vivons. Puis un jour peut-être, nous ne reconnaitrons plus notre patelin. Voilà pourquoi nous vous suggérons de prendre une photo de ce coin de pays que vous aimez et de nous l’envoyer. Nous en ferons un merveilleux album qui sera accessible à tous. Nous saurons alors pourquoi vous êtes si attachés à votre région, à votre village, à la campagne, à ce sentier où vous allez marcher pour oublier parfois la folie de ceux qui courent sur les pics de la Bourse.
Ce site veut épauler à sa façon l’effort de résistance des citoyens de la Montérégie qui se sentent bousculés par les explorateurs du gaz de schiste et en particulier le comité Mobilisation gaz de schiste de Saint-Marc-sur-Richelieu qui a lancé le premier cri d’alarme, suivi depuis de Mobilisation gaz de schiste Mont-Saint-Hilaire – Beloeil.
Des artistes américains ont eu la même idée !
DONALD GILLILAND, The Patriot-News
Mes amis, à vos caméras avant… que l’on ait tout saccagé



La côte du sud, ici de Rivière-Ouelle à Kamouraska. Auteur : Georges Beaulieu. Intérêt : le fleuve en face de Charlevoix, le chemin des voitures d’eau. Rivière-Ouelle, le pays de mes ancêtres (Pierre Hudon et Marie Gobeil, 1676)
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